Road trip Canada : Le Manitoba

Notre parcours au Manitoba, le van se situe aux endroits où on s’est arrêté pour dormir

Pour lire (ou re-lire) la deuxième partie de notre road-trip en Ontario, cliquez ici

Une fois la frontière du Manitoba passée, un panneau annonce un centre d’accueil touristique à quelques kilomètres, nous décidons de nous y arrêter pour nous renseigner sur la ville de Winnipeg et trouver un endroit où passer la nuit.

On nous conseille un camping à une poignée de kilomètres : Falcon Lake dans le Parc Provincial de White Shell. On s’y rend et on s’acquitte des droits d’entrée (5$) ainsi que du prix de l’emplacement de camping (17$) puis on choisit notre emplacement et on s’installe. Le camping est très moyen et dans les sanitaires, les douches relèvent plus du pénitencier qu’autre chose (moustiques éclatés sur les murs en plus) mais pour une nuit, ça suffira.

Comme on a besoin de wifi pour contacter une personne dont quelqu’un de ma famille m’avait donné les coordonnées et pour trouver un Couchsurfing à Winnipeg, on va prendre un verre au bar/restaurant du coin pour profiter d’internet. On y passe pas mal de temps et à force de voir des plats plus appétissants les uns que les autres passer sous notre nez, on finit par se laisser tenter…

Arrivée à Winnipeg sous la pluie

Le lendemain matin, après un p’tit dej’ de champion, on prend la route en direction de Winnipeg, capitale du Manitoba. On trouve un parking gratuit dans le centre-ville, non loin de la rivière Rouge et du « lieu historique national Forks ». On se fait des sandwiches et on part à l’assaut de la ville sous un temps vraiment mitigé voire menaçant… On commence à marcher le long de la rivière puis on bifurque entre les entrepôts industriels pour se retrouver sur Main Street et passer par le quartier chinois.

072515_0916_RoadTripCan5.jpg

Il commence à pleuvoir alors on décide de visiter le Musée du Manitoba en attendant que ça se calme. Intéressant mais parfois un peu vieillissant, ce musée assez complet retrace l’histoire du Manitoba ainsi que sa formation géologique et sa nature.

D’ailleurs, on nous rappelle ici que la ville de Narcisse au Manitoba redevient chaque année au printemps, une « masse grouillante » de couleuvres rayées et présente la plus grande concentration de serpents au monde ! Autant dire que je n’y mettrai jamais les pieds !!! Si vous voulez voir ça en image, ça se passe la-dessous :

Quand on sort du musée, on voit qu’il a bien plu et on se félicite de s’être mis à l’abri de façon instructive. On continue de se balader dans la ville mais tout parait vraiment mort malgré le Fringe Festival qui a lieu en ce moment. On trouve juste une place avec un peu d’animation, quelques personnes, des stands de bouffe et un concert qui se prépare. Le reste de la ville semble presque désert alors soit tout le monde a fuit la ville pour le week-end, soit cette ville est étrange… Petite anecdote : les feux de signalisation pour passage piétons émettent des sifflements d’oiseaux pour signaler aux malvoyants qu’ils peuvent traverser. On a trouvé ça cool !

072515_0916_RoadTripCan8.jpg

On retourne à la voiture alors qu’il se remet à pleuvoir et on se demande quoi faire, on n’a pas d’endroit où dormir à part ce parking (on n’a pas trouvé de couchsurfer) et il fait moche. Fabrice n’aime pas du tout la ville et même si ça m’aurait tenté de persévérer un peu, on monte finalement dans le van pour reprendre la route. En quittant Winnipeg, on passe par une grande avenue remplie de restaurants, fast food et supermarchés en tout genre et là, on voit enfin du monde ! Faut croire qu’ils étaient presque tous là. Le temps se dégage mais pas de regret, au moins on avance.

072515_0916_RoadTripCan12.jpgEn faisant quelques courses, on cherche du fromage mais tout nous parait cher pour ce que c’est jusqu’à ce qu’on tombe sur un ENORME brie Président (made in USA mais bon) !! Moment nostalgique et prix en folie : 14$ le brie… glurp. Finalement, on réfléchit, on compare aux autres fromages type cheddar et compagnie pour se rendre compte que par rapport à tous les autres fromages sans goût, c’est pas vraiment plus cher ! Il n’en fallait pas plus pour nous convaincre.

Après un arrêt à la station-service (l’essence commence vraiment à être bon marché !), nous reprenons la route vers l’ouest jusqu’à trouver un camping avant la tombée de la nuit. Sur la route, on écoute la radio en fond sonore quand tout à coup, nos oreilles se mettent « à saigner » en entendant une version inédite de Titanic à la flûte… What The Fuck ?!! Je ne vous en dis pas plus et vous laisse visionner la vidéo ci-dessous. Gros fou rire dans le van !! Même l’animateur radio était mort de rire à la fin du morceau.

On trouve un camping in extremis avant la fermeture. Le soir même, nous nous délectons d’un bon morceau de brie presque français !

Le lendemain, on continue la route en direction de Neepawa. Notre prochaine étape : le Parc National de Riding Mountain. Depuis Winnipeg, la route est devenue beaucoup plus plate et les forêts ont laissé la place aux prairies à perte de vue. Les canadiens nous avaient souvent dit que c’était plutôt rasant mais nous on aime bien, ça change (et puis ces champs vallonnés de colza/canola me rappellent le Gers).

 A la sortie de Neepawa, on passe les 4000 km !

Riding Mountain, un parc… sauvage

Quand on arrive à Riding Mountain, on se dirige au centre d’accueil des visiteurs pour prendre toutes les infos sur le parc et se faire conseiller un camping. Celui-ci se situe au beau milieu d’une sorte de village « Wasagaming » mais c’est bien trop bondé à notre goût (peut-être que tout Winnipeg se retrouve ici pendant les vacances ou les week-ends en été ?…). Ça fait un peu trop Disneyland à notre goût alors sur les conseils de la ranger du parc, nous partons pour le Lac Audy quelques dizaines de kilomètres au nord-ouest. Sur la route principale qui traverse le parc, nous sommes particulièrement à l’affût quand nous apercevons un petit groupe de cyclistes arrêté sur le bord de la route qui a l’air de regarder quelque chose… Voilà ce qu’ils regardaient :

On est littéralement surexcités de voir nos premiers ours noirs et on les observe depuis le van jusqu’à ce qu’ils rentrent dans la forêt puis on se remet en route.

Sur le long chemin qui mène au terrain de camping, on se retrouve presque nez à nez avec un jeune orignal qui fuit assez rapidement en nous voyant, puis on croise un jeune ours un peu avant d’arriver. Waouh ! Ça valait la peine de venir jusqu’ici !

On se choisit un emplacement de camping et on laisse le montant dû pour 3 nuits (15$/nuit) dans une enveloppe à l’entrée. Car oui, ici il est commun de ne trouver personne à l’entrée d’un camping géré par les parcs canadiens. Chacun doit alors calculer le montant qu’il doit en fonction du nombre de nuit où il compte rester et déposer ceci dans une enveloppe. Personne ne gruge, personne ne vole, ça s’appelle l’honnêteté et la confiance, notions parfois trop oubliées chez nous en France. Bref, on s’installe et on déplie la tente avec l’intention d’y passer ces quelques nuits. On ne nous avait pas menti, l’endroit est magnifique et le coucher de soleil féérique. On fait un feu car on est autorisés à prendre du bois mis à disposition pour les détenteurs du pass Parcs Canada. On a trouvé le paradis ! (enfin presque…)

feu de camp lac audy


Dans la nuit, sous la tente :

– tu dors ?
– non… Toi non plus t’arrives pas bien à dormir ?
– non, j’ai froid et j’ai mal au dos à cause du sol
– tu veux qu’on retourne dans le van ?
– ouais et toi ?
– ben c’est sûr qu’on sera mieux !…

Et voilà comment on a fait nos mauviettes en se disant qu’on avait été bêtes de préférer l’inconfort du sommeil sous la tente à même le sol à un bon matelas confortable dans notre petit van bien chaud !

Le lendemain matin, on se réveille tardivement mais on s’active pour faire la vaisselle et remplir la douche solaire pour la faire chauffer au soleil. Il fait chaud alors Fabrice qui fait la vaisselle dans le lac me dit fièrement que ça fait du bien de plonger les pieds dans l’eau fraiche sans être embêté par les moustiques… Lorsqu’il remonte, il sent quelque chose le gêner entre les orteils et en y regardant de plus près, il y a de quoi ! Deux sangsues sont en train de lui pomper le sang… Beurk ! Heureusement, on se console en admirant les pélicans, huards et autres oiseaux du lac.

072515_0916_RoadTripCan29.jpg

 Un peu plus tard, on entend du bruit dans les buissons près du van… Vu le bruit que ça fait, ça a plutôt l’air d’être un gros animal et comme on a vu trainer des ours autour du camping la veille au soir, on fait pas les malins et on va se cacher à l’intérieur du van. On aperçoit alors une maman et son jeune qui s’éloignent de notre emplacement. On les laisse prendre le large tout en gardant un œil sur eux et une fois que la distance atteinte est raisonnable, on se lance à leur poursuite armés de nos appareils photo. (A cet instant précis, je sais à coup sûr que nos maman frémissent de peur en lisant ces lignes mais elles savent qu’on est parfaitement en vie et entiers).

Après une bonne demi heure, on finit par les laisser tranquilles parce qu’on sent que la mère s’agace. On retourne au van mais dans l’après-midi…

« Coucou ! C’est encore nous !! On fait le tour des emplacements de camping pour vérifier si vous avez rien laissé trainer… »

 

Comme on voit qu’ils se dirigent droit sur nous et qu’ils ont l’air de vouloir vérifier chaque terrain à la recherche de nourriture éventuelle, on se grouille de rassembler le maximum d’affaires (surtout la bouffe) et on se réfugie encore à l’intérieur du van. Une fois dedans, on les observe s’approcher et on enclenche la caméra…

Une fois remis de nos émotions, nous prenons le van pour aller observer les bisons, non loin de là.

Le soir, on installe la douche solaire pour un brin de toilette en pleine nature, LE PIED !! Puis on se fait notre propre cinéma en profitant de nouveau d’un fabuleux coucher de soleil au Lac Audy avec du popcorn.

douche solaire lac audy

coucher soleil lac audy

Le lendemain matin, on décide de lever le camp plus tôt que prévu parce que, d’une part les ours c’est génial mais c’est pas hyper sécurisant et que, d’autre part on tourne un peu en rond parce qu’on ne peut pas faire grand chose sans être agressés par des centaines de moustiques. On récupère donc notre preuve de paiement pour ces trois nuits et remballons nos affaires pour passer la dernière nuit dans un autre camping moins paumé.

Là-bas, même tarif pour les moustiques : impossible pour nous de faire la moindre randonnée, même bombardés de produit répulsif. A peine partis, nous faisons demi-tour et rentrons au camp, poursuivis par des nuages d’insectes. Ça commence vraiment à nous taper sur le système alors on rentre dans le van mais on crève de chaud. Petit craquage momentané. Merde ! on est pas venus au Canada pour rester enfermés dans notre van quand même !! Finalement, je propose de retourner au centre des visiteurs (là où il y avait beaucoup de monde) pour souffler un peu et manger une glace. Là-bas, on s’accordera un moment de détente, une petite balade au bord de l’eau et on rejoindra notre camping beaucoup plus sereins. En plus, sur la route du retour, Fabrice aperçoit un jeune chevreuil tapi dans l’herbe !

On prépare un feu de bois et on fait griller des saucisses pour bien terminer la journée.

072515_0916_RoadTripCan57.jpg

072515_0916_RoadTripCan59.jpg

Le lendemain, nous quittons le Parc National de Riding Mountain. C’est drôle parce qu’en le quittant, on se rend vraiment compte qu’il s’agit bien d’une montagne posée au milieu des prairies. Arrivés en bas, on est de nouveau entourés de champs de colza.

On comprend vite que beaucoup d’ukrainiens ont immigré ici (à partir de la fin du 19ème siècle) car on voit de nombreuses églises orthodoxes, certaines villes ont des festivals ukrainiens et on croise toutes sortes de d’indices sur notre route.

Avant de nous rendre en Saskatchewan et de rejoindre le Ranch où nous devons effectuer un volontariat, nous passons par le Parc Provincial de Duck Mountain. On aperçoit quelques chevreuils (dont celle-là qui était couché devant une maison et qui n’a pas bougé) mais le parc n’a rien à offrir de très spécial et les routes de terre ne sont pas des plus pratiques !

On sort donc du parc et on se dirige vers la prochaine étape, la Saskatchewan…

Pour passer directement à la suite, cliquez ici

Rendez-vous sur Hellocoton !

2 commentaires

  1. La chance d’avoir pu observer autant d’animaux sauvages ! J’ai plutôt mis du temps avant d’apercevoir mon premier ours au Canada ! J’adore l’idée de la bâche pour la douche solaire, on y avait même pas penser !
    Belles photos en tout cas 😉
    Régis Articles récents…Road trip ouest américain: Washington et OregonMy Profile

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

CommentLuv badge