Road trip Canada : l’Ontario

Notre parcours en Ontario, le van se situe aux endroits où on s’est arrêté pour dormir

Pour lire (ou relire) la première partie du road trip au Québec, cliquez ici

Après avoir passé la frontière de l’Ontario, on continue de rouler un bon moment vu qu’il n’est pas tard dans l’après-midi. Notre objectif : Timmins.

Arrivés dans la ville, on fait un peu d’essence et, sur les bons conseils du Lonely Planet, on se dirige vers une sorte de resort qui propose apparemment des terrains de camping à 15$ la nuit. On se pointe là-bas mais vu comme c’est beau, bien entretenu et comme ça sent le fric, on ne croit pas trop au terrain de camping surtout à ce prix-là… Quitte à être là, on demande quand même à la fille à l’accueil mais elle nous regarde avec des gros yeux ronds et nous dit gentiment qu’il n’y a pas de camping et elle ne sait même pas ce qu’est le guide Lonely Planet. Bon, ce n’est pas grave, de toute façon l’endroit nous mettait un peu mal à l’aise !

On saute dans le van et on reprend la route mais à la sortie de la ville il n’y a rien à part des supermarchés ou des magasins et comme on n’a pas envie de passer notre première nuit sur un parking de Walmart, on décide de sortir de Timmins en quête d’un endroit plus sexy où passer la nuit. On finit par trouver notre bonheur une quarantaine de kilomètres plus loin sur une aire de pic nic.

Première nuit à l’aventure !

Au début on pense juste y manger parce qu’il est interdit d’y camper et on se lance à la recherche d’un endroit où squatter en arpentant les chemins environnants mais on n’est pas hyper rassurés de s’éloigner trop de la route et, à l’inverse, on ne veut pas risquer de se faire dégager en pleine nuit en restant trop en vue.
Finalement, on abandonne nos recherches et on retourne à l’aire de pic nic pour manger en se disant qu’on verra plus tard. D’après les panneaux, on est autorisés à rester jusqu’à 21h et c’est soit disant surveillé par des caméras mais surtout il y a des barrières donc on craint que quelqu’un vienne les fermer. On fait bouillir de l’eau et on se prépare des nouilles chinoises déshydratées en quatrième vitesse car il commence à être tard mais surtout parce que l’aire se trouve juste au bord d’une rivière trop belle mais envahie de moustiques !!

Finalement, un peu dépités, on rejoint le van en se demandant quoi faire quand on aperçoit une dame qui vient promener son chien et qui a l’air de vérifier que tout va bien sur l’aire. Fabrice a la bonne idée d’aller lui demander si on peut rester là pour la nuit et elle lui répond que si on ne compte pas faire de feu ni planter de tente, on peut rester sans souci (comme quoi, les panneaux, c’est du fake…) !

ecureuil ontarioLe lendemain, on se réveille assez tôt et nos amis les moustiques sont déjà là à nous attendre bien patiemment… On en compte jusqu’à 14 sur une des petites moustiquaires à la fenêtre du van. Ces saletés essayent de piquer à travers la moustiquaire tellement ils sont affamés. On décampe sans trop tarder, direction le lac Supérieur.

Sur la route qui serpente au milieu de la forêt, au sommet d’une bosse, on se trouve une femelle orignal et son bébé à quelques centaines de mètres devant nous sur la route. Le temps de dégainer l’appareil photo, ils sont déjà dans les fourrées et on n’aura qu’une photo de l’arrière train de jeune orignal…


On passe la barre des 2000km parcourus avec « la Bouette » (notre van), ça mérite une photo !

La route est sympa puisqu’elle est entourée de forêts mais elle est assez monotone (on s’amuse à compter les minutes entre chaque voiture croisée) quand tout à coup, un grand lac se présente devant nous. On est arrivés à Wawa ! Rien que le nom de la ville nous inspire. On fait un tour rapide dans la petite ville mais c’est plutôt mort. On  est dimanche donc les seules personnes que l’on croise sont des familles avec des enfants qui profitent de la journée ensoleillée pour venir se baigner au lac. Nous, on profite des tables de pic nic au bord du lac pour s’accorder une pause repas/sieste/baignade.


Wawa est relativement connue pour l’oie qui « orne » l’entrée de la ville mais on en trouve un peu à chaque coin de rue. Pourquoi ? Tout simplement parce que Wawa, en Ojibwé (nation amérindienne), ça veut dire oie sauvage. Il y a aussi une légende à propos de l’autostop dans cette ville… Si ça vous intéresse, cliquez ici.

En route pour le Lac Supérieur

Après un arrêt Wifi chez Tim Hortons, nous voilà de nouveau sur la route en direction du sud pour descendre vers le Parc Provincial du Lac Supérieur. On a vraiment hâte de découvrir ce fameux lac. On pénètre dans le parc et on se rend au centre d’accueil des visiteurs pour chopper quelques infos sur le parc, les tarifs et le camping puis on se rend au camping d’Agawa Bay au sud du parc. Le camping est plutôt sympa mais assez cher (presque 40$/nuit à 2, taxes d’entrée au parc incluses), c’est une sorte de pinède qui longe la plage d’Agawa essentiellement fréquentée par des américains. On se croirait presque dans les Landes ! Surtout que le Lac Supérieur est tellement grand qu’on se croit vraiment au bord de la mer ou de l’océan.

On part faire un tour au bord du lac avant le coucher du soleil, il fait bon, le soleil brille, bref c’est super agréable ! Jusqu’au moment où on perd le chemin sur lequel on est et qu’on se retrouve dans la forêt infestée de moustiques… C’est l’horreur, on se retrouve avec des centaines de moustiques autour de nous, on commence à courir pour les semer mais ils sont rapides alors on s’arrête pour mettre du Muskol (spray anti-moustique). On rentrera au camping en longeant la route, au moins, là, y en a pas trop…

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Le soir, le Lac Supérieur nous fait un beau cadeau de bienvenue, un magnifique coucher de soleil que l’on n’est pas prêts d’oublier !

coucher soleil lac superieur
La nuit se passe à merveille vu qu’il n’y a presque pas de moustiques ! Le lendemain, on part se balader sur le sentier qui longe la plage mais la randonnée est vite avortée car on croise la route du parc et qu’à partir de là, impossible pour nous de trouver la suite du sentier. On décide donc de manger un bout et de rentrer par la route.

peinture rupestre lac supérieurOn passe une deuxième et dernière nuit au camping puis, en repartant vers le nord, on s’arrête pour voir les pictogrammes du rocher d’Agawa. Il s’agit de dessins à l’ocre réalisés sur une abrupte paroi rocheuse par des amérindiens du peuple Ojibwé. Ce qui est étrange, c’est que le site est ouvert au public, sans surveillance et qu’avec nos cerveaux de français, on se dit que n’importe qui pourrait dégrader le lieu mais bon, on est au CANADA ! Ici la mentalité est un peu différente.

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Le chemin pour s’y rendre est vraiment sympa aussi !

foret agawa bay

Coup de coeur pour le Parc National de Pukaskwa

On reprend ensuite la route vers notre prochaine destination, le Parc National de Pukaskwa. En route, on se prend un méchant orage bien violent accompagné d’une pluie torrentielle qui nous empêche d’avoir une bonne visibilité. En plus, on a une fuite au niveau du joint de la porte arrière donc on a de l’eau qui rentre à l’intérieur… Super !…
On décide de s’arrêter à White River quand on voit un fast food A&W pour faire une pause, manger un truc chaud et attendre que la pluie se calme.
Quand on repart, l’orage s’est arrêté et plus loin, il fera même beau de nouveau !

Avant d’arriver à Pukaskwa, on fait un détour par Marathon pour faire quelques courses et quand on rentre dans le parc national, le bureau du parc (où on est sensé payer pour l’entrée et le camping) est fermé. Il y a des petites enveloppes où on peut déposer l’argent mais on n’a pas assez en liquide et de toute façon, on voulait acheter le Pass Découverte qui nous permet d’entrer dans tous les parcs nationaux du Canada pendant un an. On se dit donc qu’on a qu’à rentrer et qu’on verra demain.


On se choisit une place de camping, on installe notre moustiquaire tout juste achetée chez Canadian Tire et on part faire une promenade sur le « Beach Trail » puis on enchaine avec le « Manito Miikana » (3,5km en tout). L’ambiance après la pluie est vraiment belle !


On passe d’abord par une plage puis on monte un peu (pas simple avec toute la boue due à la pluie) pour arriver à un point de vue assez spectaculaire sur le lac. Par endroits, on s’attend presque à voir des Hobbits débarquer !

foret pukaskwa

paysage pukaskwa
Ensuite, ça redescend pour arriver sur une plage blindée de bois flotté. Pas facile de se frayer un chemin dans tout ça !


chaussures randonnee

Pendant la balade, mes chaussures de randonnées ont, comme qui dirait un petit souci. La semelle du pied gauche est complètement décollée et le caoutchouc de la chaussure s’effrite carrément. Ce n’est pas vraiment une surprise vu qu’elles dépérissaient depuis quelques temps et que je les ai achetées il y a un peu plus de 10 ans en rentrant en BTS en Lozère… Elles auront eu une belle vie et voyagé dans plusieurs pays. Le seul souci maintenant, c’est que nous prévoyons une grosse randonnée pour le lendemain et qu’on est au milieu de nulle part alors on trouvera bien une solution demain.

 

Le lendemain matin, on se réveille de bonne heure, on prend des forces en mangeant un bon petit déjeuner et on rejoint le centre d’accueil pour payer notre emplacement de camping (25$/nuit), acheter du bois et le pass (136$ pour un groupe jusqu’à 7 personnes). On décide finalement de rester une nuit de plus que prévu parce que le parc nous plait beaucoup (encore plus que le parc provincial) et on récupère quelques informations sur le « coastal trail ».


On prépare des sandwiches, de l’eau, on répare ma chaussure au mieux pour affronter les kilomètres à parcourir et c’est parti !

panneau ours

Au départ du « coastal trail » se trouve une sorte de reconstitution de village amérindien avec des tipis et des maisons en écorce de bouleau. Ensuite, le chemin est assez plat, traverse un marécage puis se corse avec une alternance de montées et de descentes dont la difficulté est accentuée par les racines et surtout le sol détrempé très glissant. Il y a aussi des ours dans le secteur alors il faut ouvrir l’oeil.

Comme si ce n’était pas suffisant, les moustiques viennent compléter le tableau. Ce sentier qui longe le lac (+ de 60km) ne forme pas de boucle donc nous devrons repasser par le même endroit au retour ; notre but est d’arriver jusqu’au pont qui surplombe la rivière, 9km plus loin.

ponton pukaskwa

Trace de pas d’orignal


Après environ 3 heures de marche, nous arrivons enfin au pont, carrément lessivés ! A un moment, on a failli faire demi-tour et ça aurait été vraiment con parce qu’on était seulement à 500 mètres du pont… Pour le coup, on est contents de pas avoir abandonné surtout que ça en valait la peine ! Le pont est impressionnant et la rivière magnifique.

pont pukaskwa

Après une pause bien méritée au soleil, au frais et sans moustique, il nous faut reprendre notre courage à deux mains pour affronter le retour.

Une fois arrivés au camping (la réparation sur la chaussure a tenu le coup !!!), on est exténués mais fiers de nous. On file prendre une douche mais le froid nous envahit. Il fait très frais et après l’effort fourni, la fatigue nous affaiblit alors on se met un coup de pied aux fesses et on s’active pour préparer un bon hamburger bien mérité sur le BBQ. On a du mal à faire partir le feu mais une fois lancé, on improvise une plaque avec de l’aluminium et on prépare nos hamburgers maison. Autant dire qu’on les apprécie à leur juste valeur, accompagnée d’une bonne bière.

Après le repas, on trouve quand même la force de nous rendre au centre d’accueil du parc pour profiter du wifi. On squatte à l’extérieur mais on est envahi de moustiques encore une fois (Fabrice en éclate près de 100 pendant que je surfe sur le net).

Le lendemain matin, après avoir encore un peu squatté le wifi gratuit du centre d’accueil, on reprend la route avec un petit pincement au cœur parce qu’on aime vraiment beaucoup ce parc. On rencontre pas mal de travaux mais on commence à être habitués… La route longe souvent le lac Supérieur alors c’est superbe.


On s’arrête pour une pause repas sur une aire de pic nic super sympa au bord du lac. L’eau est magnifique et si elle n’était pas si froide, on s’y baignerai bien volontiers.

Le Lac Supérieur c’est fini mais le Manitoba nous attend

On poursuit notre route en direction de Thunder Bay où on a prévu de s’arrêter pour acheter une nouvelle paire de chaussures de randonnée. On continue ensuite de rouler sur la transcanadienne jusqu’à arriver sur une aire de pic nic située entre un lac et une forêt. Là encore, on se dépêche de manger parce qu’on est envahi de moustiques… Ça nous tape vraiment sur les nerfs. Pour ne pas faire rentrer trop de moustiques dans le van, voilà notre technique : on entrouvre la porte, on court autour du van en zigzag pour en semer le plus possible et on saute à l’intérieur en prenant soin de refermer la porte dare-dare. ÉPIQUE !


Le lendemain matin au réveil, la nature nous offre un spectacle magique, un superbe lever de soleil sur le lac embrumé. C’est superbe mais là encore, les mini-vampires viennent tout gâcher… On ne prend donc pas le temps de déjeuner et on trace la route direction le Manitoba !

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Après quelques dizaines de kilomètres, on s’arrête à Atikokan pour prendre un café et de l’essence à la station-service. On paye 1,479$/L c’est le plus cher qu’on ait payé jusque là (bon ça fait que 1,00€ environ le litre de sans plomb mais bon…).

On arrive ensuite à Fort Frances, juste à côté de la frontière des USA. Si on voulait, on aurait qu’à traverser la rivière et on serait aux States ! On s’arrête à la sortie de la ville pour squatter le wifi du Tim Hortons depuis le parking et faire une pause.

Après quelques kilomètres, le paysage commence déjà à devenir plus plat. On pense de moins en moins à regarder les bas-côtés de la route pour repérer d’éventuels animaux quand tout à coup… J’aperçois deux jeunes ours batifolant dans les arbustes à quelques mètres de la route ! Fabrice qui avait le nez dans son ordi, n’a pas eu le temps de les voir et quand on fait demi-tour, il est trop tard, ils se sont enfoncés dans la forêt.

250 km plus tard environ, on passe la frontière du Manitoba, notre 3ème province canadienne !


Pour passer directement à la traversée du Manitoba, cliquez ici

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